À PROPOS

Pourquoi un site web sur le traitement Botox?

Presque tous les jours, au bureau, j’entends des phrases du genre:

«Docteur, j’ai peur du Botox, c’est une toxine»

«Je ne veux pas de lèvres gonflées au Botox»

«Je vais avoir le visage entièrement paralysé avec du Botox»

«Si je commence, je ne pourrai plus arrêter sinon mon visage va retomber»

Les gens me consultent en grand nombre et sans réticence pour des injections de produits de comblement, mais, au Québec,  très souvent on a peur ou à tout le moins on se méfie du Botox. Et le degré de désinformation atteint souvent des sommets, même chez les utilisateurs.

Telle vedette américaine devenue hideuse: le Botox!

Telle animatrice de télé au visage tendu comme une peau de tambour et aux lèvres surdimensionnées: le Botox!

Le printemps trop tardif, la canicule du mois de juillet: le Botox!

Je connais peu de sujet sur lequel on puisse autant discourir à tort et à travers.

Pourtant, le Botox ne donne aucun volume et ne peut gonfler les lèvres ou les joues.

L’effet est proportionnel à la dose utilisée de sorte qu’il est parfaitement possible de garder à l’expression son naturel et sa mobilité. Si le visage est trop figé, c’est que l’injecteur a mal fait son travail ou que le patient le désire ainsi. Le Botox n’est pas un poison, mais un médicament, dont l’utilisation est approuvée et règlementée au Canada par Santé et bien-être Canada, aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA), comme il en va de tout autre médicament utilisé en médecine générale ou spécialisée.  La molécule est utilisée en médecine depuis fort longtemps, presque quarante ans en fait, son action est localisée, d’une durée limitée et son profil d’innocuité, lorsqu’employée à des fins cosmétiques, en fait un des médicaments les plus sécuritaires qui soit sur le marché.

Enfin, je tiens à le préciser pour les septiques, le Botox n’a aucune influence sur la météo ni les changements climatiques…

Le problème de la désinformation tient en partie du phénomène suivant: recevoir un traitement Botox, c’est un peu comme d’aller consulter un psychologue ou un psychanalyste. Ceux qui l’ont fait en reconnaissent très majoritairement les bienfaits, mais parlent rarement de leur expérience sur la place publique. Avec pour conséquence que l’attention générale se fixe sur les très rares cas pour qui les choses se passent mal plutôt que sur la myriade d’individus – collègues, amis, parents – dont on envie la bonne mine, mais dont on ne soupçonnerait jamais qu’il reçoive un traitement Botox depuis des années.

L’information est bien sûr disponible, particulièrement sur le web. Toutefois elle y est souvent présentée de façon morcelée et incomplète et la fiabilité des données s’avère plus d’une fois douteuse.

C’est donc afin de fournir une source de renseignements intégrée et relativement complète que j’ai entrepris de rédiger ce site. Je ne cherche à convertir personne ni à répandre la bonne parole, seulement à offrir une source d’information susceptible d’aider les gens à poser des choix éclairés.

Au corpus initial s’ajouteront régulièrement de nouveaux articles de manière à demeurer à jour sur les nouvelles utilisations et les dernières études. J’invite donc le lecteur, la lectrice, à retourner régulièrement au site pour y découvrir de nouveaux sujets.

Une expression, trois toxines

Quand j’étais enfant, les gens parlaient d’un «Frigidaire» plutôt que d’un réfrigérateur. Et quand, à cette époque, on partait en vacances, on apportait son «Kodak» pour immortaliser nos souvenirs de famille.

Ces compagnies dominaient à tel point leurs créneaux respectifs que la population en était venue à confondre la marque à l’objet.

Il en va de même aujourd’hui pour le Botox, nom commercial d’une toxine botulinique de type A produite et commercialisée par la compagnie Allergan de Irvine en Californie.

Conscient de cet état de choses et ce site étant destiné à rejoindre et à informer le plus large public possible, j’ai décidé d’employer la formule «traitement Botox» pour désigner toute thérapie fondée sur l’utilisation de n’importe laquelle des trois toxines botuliniques présentement approuvées au Canada.

Toxines botuliniques de type A approuvées au Canada en 2014

Botox cosmétique Toxine Onabotulinique A
Xeomin cosmétique Toxine Incobotulinique A
Dysport Toxine Abobotulinique A

Les informations présentées sur ce site s’appliquent donc à l’ensemble des toxines employées au pays à des fins cosmétiques. Si des différences existent entre ces molécules en regard des dosages employés, de leur diffusion dans les tissus, de leur reconstitution et de leur mode de conservation, elles concernent d’abord les médecins injecteurs et non pas le grand public auquel les informations de ce site sont destinées.

En espérant que l’ensemble saura être utile et contribuera à mieux faire connaître une molécule sécuritaire aux potentiels cosmétiques forts intéressants.

Bonne lecture

François Godue md